LETTRE OUVERTE CONCERNANT LES DANGERS DE LA NORMALISATION SEX DOLLS & SEX ROBOTS

Nous sommes une coalition d’humanistes, de parents, de groupes de femmes, de survivant-e- s, d’universitaires et de militant-e-s luttant contre l’objectivation commerciale des êtres humains, et en particulier contre la normalisation des « sex robots/robots sexuels ». Ces technologies sont développées et soutenues par les communautés de la robotique académique et commerciale et de l’intelligence artificielle (IA) qui ont jusqu’à présent les voix les plus fortes pour définir les orientations des avantages des robots sexuels tout en ignorant leurs effets potentiellement dangereux sur les femmes, les hommes et les enfants.

La Campagne contre les robots sexuels (CASR) a été lancée en 2015 afin d’attirer l’attention sur les nouvelles manières de normaliser l’idée de « relations » avec les machines dans la culture actuelle. Les robots sexuels sont des poupées humanoïdes animatroniques avec des orifices pénétrables où les consommateurs sont encouragés à considérer ces poupées comme des substituts (principalement) de femmes et sont commercialisés en tant que « compagnes », « petites amies » ou « épouses ». A l’heure où la technologie numérique facilite la prolifération de la pornographie, de la prostitution et de l’exploitation des enfants et en fait une industrie mondiale rentable, ces produits favorisent davantage l’objectivation du corps féminin et constituent, de ce fait, une attaque supplémentaire contre l’intimité humaine.

Nous sommes également préoccupés par le fait que des poupées et robots d’apparence infantile soient promus comme « thérapeutiques » pour les « pédophiles non délinquants » et les pédophiles. Nous rejetons la naturalisation de la pédophilie en tant que « préférence sexuelle » et rejetons les termes tels que « pédosexuel » ou « personne attirée par les mineurs » qui servent à légitimer la violence sexuelle à l’égard des enfants. En 2017-2018, le CASR a soutenu une initiative visant à interdire les représentations électroniques et artificielles d’enfants pour les prédateurs adultes sous la forme de la loi CREEPER, adoptée avec succès à la lecture de la Chambre des représentants aux États-Unis.

Nous croyons également que les poupées sexuelles/sex dolls et les robots sexuels sous forme féminine ajoutent à la culture omniprésente où la violence sexuelle à l’égard des femmes et des filles est réitérée sous une nouvelle forme.

Malgré l’égalité politique des femmes, les femmes et les filles sont toujours confrontées à de graves menaces de violences sexuelles, allant de la violence domestique au viol, en passant par l’up-skirting1 et le revenge-porn2. Deux femmes sont assassinées chaque semaine par des partenaires masculins, anciens ou existants, et des gangs manipulateurs d’enfants « grooming gangs » ciblent les jeunes filles vulnérables pour en abuser sexuellement depuis des décennies.

Des études montrent que des liens et des relations solides sont bénéfiques pour les personnes et la société et que l’affaiblissement de nos liens sociaux est un facteur majeur de détresse psychologique, d’insécurité économique et d’isolement humain des femmes, des hommes et des enfants. Il est donc dans l’intérêt de la société de cultiver une culture de soutien mutuel et d’interdépendance et de rompre avec les pratiques sociales qui renforcent la culture de l’isolement.

Nous croyons que les robots et l’IA doivent être utilisés pour le bien de l’humanité et ne doivent pas être financés ou produits sous des formes qui augmentent les problèmes sociaux.

Les ministres sont en décalage vis-à-vis des progrès technologiques, et n’instaurent des politiques constructives uniquement après que les dommages n’aient causés à notre société.

Nous exhortons l’Union européenne et le gouvernement Français à mener des consultations publiques avant d’élaborer une législation conforme aux lois européennes et françaises sur la discrimination sexuelle et à l’engagement de l’Union européenne en faveur des droits de l’enfant des Nations unies.

 

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